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La prise d'otages à Saint Hilaire de Court ( 31 août 1944 )

Dans la politique de maintien de l’ordre, les Allemands ont très vite recours à une répression extra-judiciaire, avec la prise et l’exécution d’otages. Afin de freiner la montée de la Résistance, des déportations de représailles sont décidées dès décembre 1941. Les populations juives et communistes sont principalement touchées. Mais vers la fin de la guerre, lors de la débâcle, les vengeances sont plus intenses et touchent les civils présents, comme après la bataille de Saint Hilaire de Court, raconté par plusieurs témoins. (Monsieur Renaudat et Monsieur Diaz)

Après le massacre de Thauvenay(*), le 25 juin 1944, celui de Franclieu(*1) le 26 août 1944 ou encore les différentes exécutions de maquisards comme à Vierzon le 16 août 1944, le même jour que le massacre de Baranthaume(*2) (commune de Saint Germain des Bois), après la bataille qui oppose des FTP (300 hommes) à un détachement de 2000 soldats allemands de la Wehrmacht, une nouvelle prise d’otages a lieu contre des civils dans la petite commune de Saint Hilaire de Court. Ces Allemands remontent de Limoges par la Route Nationale 20. Les femmes et les enfants sont parqués dans un hangar pour être incendiés comme la ferme de Belfiolf où les hommes sont retenus. Les Allemands ont incendié un grand nombre de maisons, la mairie et l’école. La tuerie a été évitée de justesse puisque tous les habitants sont libérés.

Nous avons réussi à réunir plusieurs témoignages sur la prise d’otages à Saint Hilaire. Certaines de ces personnes ont vécu la bataille et la prise d’otages, pour d’autres les faits leur ont été racontés.

Lorsque les résistants quittent Saint Hilaire à la fin de la matinée du 31 août 1944, les Allemands rentrent dans le village et arrêtent des personnes qui l’habitent ainsi que les fermes aux alentours. On sépare les femmes et les enfants des hommes. On fait creuser à ces derniers les sept tombes des soldats allemands tombés lors de la bataille de la nuit précédente. Puis ils sont conduits dans un hameau près de Dampierre appelé « Belfiolf », où les Allemands ont installé leur quartier. Ils mettent les hommes en rang près d’un mur et ajustent leurs mitraillettes. Ce n’est qu’une pression psychologique puisque les hommes sont envoyés ensuite dans le grenier. Les Allemands apportent des fagots de paille et commencent à y mettre le feu. Après le départ des Allemands, l'un d’entre eux est revenu et a placé une échelle pour permettre aux hommes de s’échapper. Les femmes de leur côté sont parquées avec leurs enfants dans un hangar. Elles restent là, toute la journée, menacées par les mitrailleuses allemandes, assises sur un banc, sans boire, ni manger. Le soir venu, vers 21 heures, un Allemand vient leur dire qu’elles pourront sortir lorsqu’il n’y aura plus d’Allemands sur la route. Les Allemands partent mais ils ont mis le feu à l’école, la mairie et à quelques maisons au hasard.

En représailles aux pertes allemandes enregistrées durant la bataille, les Allemands voulurent le faire payer aux populations avoisinantes. Lors de la prise d’otages, deux résistants furent sauvagement assassinés. Un résistant de l’Indre, fait prisonnier, fut fusillé. Un second, FTP, qui ne voulait pas parler, fut torturé (on lui arracha les ongles), avant d’être égorgé (cf. Témoignages).



(*) Le 25 juin 1944 à Thauvenay : des soldats allemands venus de Cosne-sur-Loire tuent sept personnes, incendient 27 maisons, arrêtent onze personnes dont quatre seront déportées.

(*1) Le 26 août 1944 à Franclieu (commune de Bengy-sur-Craon) sept civils sont massacrés par les Allemands, les bâtiments du hameau sont incendiés, puis ceux des Ridonne, le hangar en bois de Battereau et les Platanes. Ce massacre a lieu après le mitraillage d’une colonne allemande par l’aviation anglaise.

(*2) Le 1er septembre 1944 à Baranthaume (commune de Saint-Germain-des-Bois), suite à un accrochage avec les FTP d’Alcide Métier, une unité hindoue de la Wehrmacht brûle les maisons une à une puis à Levet se livre au viol de douze femmes. Ils tuent cinq personnes à Dun-sur-Auron, pillent et abattent deux paysans au travail dans leurs champs.