Renseignements concernant l’arrestation de Joseph Le Cam - ( retour )


LE CAM Joseph-Marie, né le 10 juin 1900 à Kerchrist Moelou (Côtes du Nord), domicilié à "Breuzette" dans la commune de Thénioux (Cher), héberge chez lui le 25 mars 1944 six aviateurs anglais qui lui ont été amenés par CHAGNOUX Jack. Le 26 mai au matin, il conduit trois de ces aviateurs en compagnie de Jack CHAGNOUX chez une personne qui doit les cacher. A ce moment-là, il est arrêté par une patrouille allemande et conduit à Romorantin avec M. CHAGNOUX et les trois anglais. Il est déporté en Allemagne vers le 15 juillet 1944. Une perquisition a été effectuée à son domicile et plusieurs objets mobiliers ont été détériorés : entre autres deux bicyclettes, des pneus ainsi que de l’essence. Madame LE CAM a constaté la disparition d’une certaine somme d’argent, qu’elle n’a pu évaluer en l’absence de son mari. Cette première fouille de la maison a été effectuée à l’arrestation de M. LE CAM. Puis, un mois après, la Gestapo est revenue : ils savaient que Mme LE CAM avait menti et qu’en réalité il n’y avait pas trois mais six aviateurs anglais. Leur cousine, qui parlait Allemand, a réussi à expliquer des choses qui les ont sauvés. Ces derniers, très agressifs, ont tout de même saccagé le domicile.

M. LE CAM est marié et père de quatre enfants : Albertine, 18ans ; Raymond, 15 ans ; Alphonsine, 14 ans et Yves, 12 ans. Mme LE CAM reste donc seule pour s’occuper de ses enfants et de la gérance de la ferme dont le propriétaire, M. PRIN, a par sa dénonciation provoqué l’arrestation de M. LE CAM.

L’aînée des filles, Albertine, est fiancée à M. CHAGNOUX et leur mariage doit avoir lieu le 2 juin 1944.

D’autre part, M. LE CAM, bien qu’il ne fasse partie d’aucune organisation de résistance, héberge depuis le début de l’Occupation des personnes évadées et leur facilite le passage en zone libre, le tout à ses frais. En outre, il emploie comme ouvriers agricoles uniquement des réfractaires au STO. Il va jusqu’à en héberger chez lui quatre ou cinq à la fois alors que les nécessités de son exploitation peuvent en justifier un ou deux au plus.

Avant de partir en Allemagne, il est interrogé par la Gestapo, et passe devant un tribunal à Blois. Il est ensuite envoyé à Compiègne en juillet 1944 avant d’être déporté dans un camp de concentration près d’Hambourg appelé Newingham. Il y décède avec M. CHAGNOUX le 5 février 1945.

Entretien avec Madame Francine Crozet (née Le Cam).