Chronique de l’enseignement pour jeunes filles à Littré, Vauvert et Marguerite de Navarre

mardi 27 juin 2006 par Rédaction

Historique succint de l’établissement, ou plutôt des établissements, par Christian Roth, paru dans le Berry Républicain le 04 avril 2004, à l’occasion du centenaire du lycée.

En cette année jubilaire 2004, le collège Littré et le lycée Marguerite de Navarre célèbrent le centenaire de la création de l’enseignement secondaire public de jeunes filles par la municipalité Ducrot, le 7 novembre 1904. Cette initiative courageuse effaçait l’échec des cours secondaires de jeunes filles initiés par Planchat en 1868, dans la logique de la loi Victor Duruy (1867) et poursuivis avec éclipses jusqu’en 1886 par les municipalités Rapin, Devoucoux et Brisson, dans le cadre de la loi Camille Sée (1880) : deux douzaines de jeunes filles seulement s’y inscrivaient chaque année.

Au plus fort d’une IIIe République marquée par l’anticléricalisme et la fermeture des établissements congréganistes, la municipalité Ducrot se mobilise en faveur de l’instruction des jeunes filles et bataille ferme avec une opinion publique très entichée de l’enseignement confessionnel : Mlle Bénéteau (1904-1911) préside à la naissance de l’établissement (vingt-deux élèves) dans les locaux loués aux Bénédictines de Saint-Laurent, rue Michel de Bourges, puis à son transfert, le 7 novembre 1905, rue Littré, dans l’immeuble acheté aux Soeurs de la Charité de Montoire qui accueille 183 élèves.

Mme Dupéron (1911-1925) fuit face à la Grande Guerre. Le collège, transformé en ambulance de la Croix-Rouge puis en hôpital militaire US, abandonne la rue Littré pour un hôtel particulier de la rue de Paradis.

Avec l’appui de la municipalité Laudier elle obtient la transformation du collège en lycée le 3octobre 1921. L’augmentation des effectifs (216 en 1921) se poursuit avec Mlle Touret-Grignan (1925-1934) et Mme Laignel (1934-1941) : 229 en 1933, 351 en 1939. A la veille de chaque 14 Juillet, une imposante distribution des prix, en présence des autorités et sous la présidence d’un notable berruyer (préfet, général, magistrat, député ou sénateur...), clôt l’année scolaire avec solennité et discours d’usage. Au lycée, le millésime 1935-1936 est marqué par la présence d’un professeur de philosophie qui sort du lot et que le grand public ne connaîtra qu’après sa mort : Simone Weil (1909-1943).

Partiellement occupé et déménagé par l’armée allemande en 1940-1941, le lycée voit arriver à sa tête Mme Cordillot qui veille aux conditions matérielles et morales de ses élèves tout en résistant, au quotidien, aux injonctions de l’Etat français. La vétusté des locaux et la croissance des effectifs (560 en 1949) conduisent à l’extension vers l’immeuble Talbotier (1947) et à l’essaimage de l’internat à Vauvert dont les internes fréquentaient le " parc " depuis 1934. La bipolarité Littré-Vauvert a généré des trajets fastidieux (quatre fois par jour) pour des générations d’internes en rangs plus ou moins serrés ; le témoignage romancé de Belle-Fiole illustre à merveille l’ambiance qui régnait alors à Vauvert (fêtes de Noël...) comme à Littré (kermesses...). Mlles Cligny (1953-1957) et Siegfried (1958-1962) précèdent Mme G. Pernot (1962-1973), dernière directrice d’une véritable cité scolaire éclatée en plusieurs pôles (Littré, Talbotier, Vauvert, Avaricum) avec toutes les difficultés d’organisation qui en résultaient (1524 élèves en 1962, 1900 en 1974) ; en mai-juin 1968, élèves, professeurs, personnels et parents vivent trois semaines durant une vive contestation du système scolaire. Le départ en retraite de Mme Pernot en décembre 1973 marque l’éclatement de l’établissement et la partition Littré-Vauvert, effective le 4janvier 1974.

M. Lambinet (1974) préside à l’ouverture du nouvel externat tandis que MIle Vinauger (1974-1979) prend la direction de Littré.

Redevenu collège de pleine exercice, Littré (830 élèves en 1982, 735 en 2004) engage une requalification architecturale et fonctionnelle en plusieurs vagues de travaux (1975-1988) achevée par une exposition rétrospective mémorable et l’ouverture d ‘un musée grâce à la ténacité du premier proviseur, Michel Royer (1981-1996). Depuis 1998, Littré poursuit ses actions pédagogiques et son ouverture sur la réalité du monde contemporain sous la houlette d’Anne-Claire Surateau, ancienne adjointe du proviseur de Marguerite de Navarre.

1973-1974 : les classes du second cycle se concentrent à Vauvert devenu lycée Marguerite de Navarre en 1968-1969 et orné d’un aigle tout plumage déployé oeuvre de Claude Allard en 1976 ; celles du cycle disparaissent à la rentrée 1978 (610 élèves).

La création d’un club informatique (1976) témoigne du dynamisme du foyer socio éducatif.

L’ouverture d’une section européenne (1994), d’un BTS secrétariat trilingue (1996) et d’une option cinéma (1997) sont à mettre au crédit d’Yves Galut (1989-2002) ainsi que des actions en faveur de la création artistique (" Aux Arts lycéens ") ou des ateliers et des concours d’écriture (Imagine imaginaire) sans parler des indispensables extensions " Aquarium-Jardiland " pour accueillir 1275 élèves en 1990.

Depuis la rentrée 2002 Erik Besse mobilise toutes les énergies afin de faire réellement de Margot " un lycée pour le XXIe siècle ".

C.R.


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